
Je copie le texte ici je ne sais pas si j'ai le droit (les moderateurs faites-moi le savoir

Coup de geule de Benjamin d’Introne qui resume bien notre sport...


En septembre dernier, je me suis rendu sur le circuit de Saint Eloi (58) pour assister à la finale du championnat de France juniors. Adossé à une barrière j’assiste paisiblement à une manche éducative 65/85 cm3 de la ligue de Bourgogne. A mi-course, mon attention se porte sur un gamin en 85 Yamaha qui n’arrive pas à redémarrer sa moto après avoir commis une erreur de pilotage. Le drapeau jaune est agité, les coups de « kick » s’enchaînent difficilement mais sans succès. Les regards insistants du garçon finissent par me guider vers un homme, son père, selon toute vraisemblance.
Pourquoi ?
A 200 mètres, sur une bute adjacente qui domine la scène, son papa hurle à la mort pour que son fils reparte au charbon. Les noms d’oiseaux filent à toute vitesse accompagnés de gestes déplacés. Autour de moi, tout le monde n’a d’yeux que pour cet homme qui finit par dominer le bruit des moteurs. Exténué par l’effort physique, déboussolé par les agissements de celui qui devrait être son protecteur, le jeune pilote finit par quitter la piste en poussant difficilement sa moto qui a une vitesse enclenchée.
Le môme quitte son casque et fait signe qu’il ne peut vraiment rien faire. D’une colère noire, l’homme se précipite vers son bambin. Arrivé à la hauteur de son pilote, l’homme échange deux mots à son fils avant de lui retourner une gifle que j’apparente davantage à une droite. Le choc résonne. J’hurle de toutes mes forces pour exprimer ma colère sans que celle-ci ne parvienne à ses oreilles. L’homme monte sur la moto, donne plusieurs coups de kick et redémarre. Les deux protagonistes s’échangent un simple regard. Le père enclenche la 1ère et se sauve au parc coureur laissant son enfant seul dans le bas du circuit. En larmes, à bout de souffle, le bambin monte difficilement la pente pour retrouver celui qui l’a humilié et anéanti devant un public immobile. La suite de l’histoire se déroulera en privé, loin des regards.
Comment peut-on en arriver là ?
Cette scène m’a glacé. Comment peut-on en arriver aux mains pour une passion et qui plus est sur son propre enfant ? Crier sur son gamin dans la cadre d’un entraînement ou d’une manifestation sportive est difficilement supportable. En venir aux mains est intolérable. Comment un tel comportement peut-il se retrouver sur des terrains de Motocross ? La frustration d’une carrière rêvée reportée sur son enfant ? Un trop plein émotionnel ? Une situation de stress qui dérive ? Quelque soit les raisons conscientes ou inconscientes de l’acteur des actes, aucun motif n’est pardonnable. Un futur champion ne s’éduque pas au coup mais à l’envie. Une passion ne s’impose pas par la force mais naturellement. Les fédérations (FFM / UFOLEP) ne devraient-elles pas sanctionner ce genre d’agissements dans son règlement pour les bannir définitivement des circuits ? Ce type de comportement a toujours existé dans le milieu sportif pour s’être banalisé. Il serait peut-être temps d’agir. Le débat est lancé.
Par Benjamin D’introne